Porte Makasi : la « porte de la mémoire »
L’un de deux bastions les plus puissants est Martinengo, qui a été « baptisé » en l’honneur de Gabriele Tadini di Martinengo (1480-1544), l’ingénieur militaire vénitien distingué mais aussi un officier réussi, qui entreprend la supervision générale des travaux de fortification de Crète en 1519. La porte militaire qui conduit à la « place basse » sud-est du Bastion Martinengo, et de là au fossé, est connue comme Porte Martinengo ou Galerie Makasi - du mot turc qui signifie « aiguilleur ». Bien que la Porte Martinengo soit militaire, du côté de la ville, elle a une façade monumentale, construite avec soin particulier, comme si c’était une porte principale - urbaine. Cette façade n’existe plus, ni le « pigaida », le grand puits à eau qui se trouvait près d’elle et irriguait les jardins et arrosait la région, comme représenté dans les cartes vénitiennes déjà dès 1573. À nos jours, la Galerie Makari est liée à un des moments les plus sombres de l’histoire locale et globale. Pendant la Seconde Guerre Mondiale y sont gardés les prisonniers, avant leur déplacement aux camps de concentration. À cause de ce passé, la galerie est transformée à un lieu de mémoire pour la ville et son histoire : dans sa première partie, du côté de la ville, des colonnes votives indiquent les noms des prisonniers, tandis que la deuxième partie, cette qui aboutit à la « place basse » d’est du Bastion Martinengo, accueillera bientôt une exposition dédiée à la Resistance Nationale.